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Les sites alsaciens
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ObjectVus du Haut Barr, les villages d'Eckartzwiller et de Saint Jean les Saverne.

La population

L'Alsace compte 1 7340 000 habitants (1 026 000 pour le Bas Rhin et 708 000 pour le Haut Rhin) en 1999. Cette densité de la population régionale (209 hab./km2) résulte :
- d'une précoce et intense occupation du sol associant des campagnes tôt défrichées aux villages proches (habitat groupé) et des petites villes nombreuses fixant artisanat et échanges,
- d'une forte natalité qui s'est maintenue à un taux supérieur à la moyenne française jusqu'à la fin des années 1960,
- d'une agriculture intensive,
- d'une industrialisation assez généralisée dès le XIXè siècle et bien relancée à compter des années 1950,
- d'une dynamique urbaine soutenue.

Après les guerres meurtrières du XVIIè siècle, l'Alsace a connu un accroissement naturel très excédentaire grâce à une natalité forte (de 35 à 40 pour 1000 jusque vers 1880) permise par l'intensification et l'amélioration des techniques de culture (cultures nouvelles, assainissement des rieds), l'appropriation des terres et la diffusion d'ateliers en milieu rural. Malgré l'émigration provoquée par l'annexion au Reich en 1871, et malgré les guerres mondiales, l'Alsace demeura un fort foyer de peuplement. Le taux de natalité y resta élevé plus longtemps que dans le reste du pays (24 pour 1000 en 1910, 19,3 en 1930), ce qui maintint une jeunesse relative à la province; sa participation au "baby boom" demeura également à un bon niveau jusque vers 1965-1968, d'où un potentiel actuel d'actifs élevé. Les vagues d'industrialisation ont en outre induit des afflux extérieurs d'étrangers (années 1920 et 1930, et 1960-1974) et de Français d'autres régions : le solde migratoire est demeuré excédentaire de 1945 jusque vers 1975, d'autant que l'émigration des Alsaciens, dans le même temps, était réduite. D'où un "fonds autochtone" important : en 1975, 73,3 % des habitants étaient nés dans cette région.

Maintenant, le taux de fécondité a chuté, rejoignant le niveau national, et on relève une relative surmortalité. Les effectifs d'étrangers sont stabilisés et forment 8 % de la population. Le solde migratoire est devenu quasi nul, les mouvements ne portant que sur de petits nombres.

La distribution des habitants a, bien entendu, évolué. Le maximum des peuplements ruraux se situe vers 1820-1860 (taux d'urbanisation de 36,6 %). Le glissement vers les villes s'est opéré avec le développement industriel et les moyens de transport modernes vers Mulhouse, Strasbourg et les villes moyennes surtout, mais sans dévitaliser les campagnes et les vallées, car l'industrie y a tôt trouvé place. Mais la crise des industries traditionnelles a affecté notablement celles-ci au XXè siècle, l'installation de nouveaux établissements entre 1955 et 1978 ne jouant que trop faiblement dans les vallées vosgiennes, la moyenne Alsace, le Sundgau et l'Alsace bossue. En revanche, ailleurs, ce nouveau semis d'industries ainsi que le travail en R.F.A. et en Suisse pour les cantons frontaliers ont fixé le peuplement des contrées rurales et de leurs petites villes. Cependant, de 1954 à 1990, plus de la moitié des gains d'habitants en Alsace a été captée par les bassins d'emploi de Strasbourg (plus de 158 000) et de Mulhouse (plus de 80 000), le reste se partageant entre ceux de Colmar, Haguenau, Molsheim et Saint-Louis (ensemble plus de 100 000) et dans une moindre proportion ceux de Sélestat, Saverne, Wissembourg ou Altkirch. Ces traits, avec la péri-urbanisation récente, expliquent l'actuel taux d'urbanisation (74%) et l'urbanisation des modes de vie et des mentalités, sans renoncement à une forte identité ancrée dans les "pays" et leurs traditions.