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ObjectLogelbach : la filature au XIXè.

L'industrie

L'Alsace compte parmi les régions françaises les plus industrielles : 30% des actifs, soit 185 115 en 1988 (4% des effectifs nationaux) malgré les contractions de ce secteur depuis quinze ans ; elle apparaît moins touchée, grâce à la diversité des branches que présente son tissu industriel.

Amorcée dans le passé par l'exploitation de ressources vosgiennes (mines, bois, verre) et par l'artisanat des bourgs et des villes, elle se signale aussi précocement aux abords du massif vosgien (métallurgie à Niederbronn outillage à Saverne) avant de connaître l'essor du textile: à Mulhouse, à l'initiative d'une bourgeoisie protestante qui l'impulsa et la diffusa dans les vallées des hautes Vosges ; à Colmar, à Bischwiller, dans la vallée de la Bruche et des localités du piedmont. Une partie de l'industrie mécanique (Mulhouse, Guebwiller) et chimique (Thann) lui fut liée.

De récessions en restructurations, le textile diminua au cours du XXè siècle, surtout dans les vallées qui par ailleurs n'ont pas vu leurs pertes compensées par d'autres industries issues d'une période récente de créations d'usines (1955-1978). Entre-temps, l'agglomération strasbourgeoise (carrefour, port) s'était industrialisée de façon diversifiée à partir de 1880. Au nord de l'Alsace, on exploitait le pétrole de Pechelbronn (jusqu'en 1960) ; près de Mulhouse, à partir de 1918, on extrait la potasse (apogée vers 1960 avec 11 Mt de produits bruts et 10.000 emplois), maintenant en récession (4 000 emplois) et dont la fermeture est en cours. Les implantations des années 1955-1978 ont d'une part fait naître plusieurs foyers aux abords du Rhin (Saint-Louis, Ottmarsheim, Neuf-Brisach) et dans bien des villes de la plaine ou du piedmont, et d'autre part conforté l'aire strasbourgeoise et relayé le textile à Mulhouse.

Au début des années 1990, la première place est tenue par les industries mécaniques et métallurgiques (66 300 emplois) : première transformation, production d'équipements, de machines-outils, de matériel ferroviaire, automobile (Peugeot-Mulhouse avec 12.000 emplois, Général Motors et divers équipementiers ou producteurs de pièces).

La branche "matériel électrique et électronique" emploie 17 500 salariés (Telic Alcatel, Clemessy), rattrapant presque le textile - habillement (18 000 actifs), aujourd'hui devancé par les industries agroalimentaires (22 580). Malgré l'absence de traitement sur place de la potasse et la fermeture d'une des deux raffineries de pétrole créées au nord de Strasbourg en 1963 (oléoduc Sud européen), la chimie offre 10 000 emplois : 7 000 dans les produits de base et les fibres synthétiques et 3 000 dans les branches en progrès de la parachimie - pharmacie. Il faut ajouter 6 350 salariés dans le caoutchouc et les matières plastiques, et prendre en compte la modernisation de branches traditionnelles : travail du cuir (Adidas), 4 000 emplois; du bois et de l'ameublement (9 940) ; du papier - carton (6 000) et de l'imprimerie (6 740).

En termes de structures, on notera la large place des unités de 10 à 00 salariés : celles de 10 à 100 emplois représentant 77% des établissements et 25% des effectifs, celles de 100 à 500 comptant pour 18,6% des usines et 36% des salariés. Les établissements de plus de 500 salariés (4%) retiennent 39% des actifs de l'industrie.

Dans les créations postérieures à 1950 interviennent largement les investissements extrarégionaux, étrangers ou provenant de divers groupes français. 36% des effectifs relèvent d'entreprises à participation étrangère, faisant de la région l'une des plus ouvertes à ces capitaux (R.F.A., Suisse, Amérique du Nord et, maintenant, Japon...). 190 unités (P.M.I. ou plus grandes) ont ainsi leur centre de décision à l'étranger et 180 l'ont dans une autre région de France, de sorte que 56% de l'emploi au moins est "dépendant" de l'extérieur. Cette situation conduit l'Alsace à être bonne exportatrice (à 72% vers la C.E.E.). Toutefois, cela l'expose à la concurrence internationale; or elle se positionne majoritairement sur des activités classiques. Heureusement, son abondante main-d'oeuvre est qualifiée, le taux d'investissement et les efforts de productivité et de modernisation dépassent la moyenne française, ce qui tend à corriger ce handicap (12,2% seulement cependant des emplois se rattachent aux industries de haute technologie).

Au total, l'industrie fait montre d'une relative santé et d'un équilibre entre les grandes catégories de production (biens intermédiaires, d'équipement, de consommation et industrie agro-alimentaire), ce qu'exprime un faible taux de chômage (6,6%), atténué il est vrai par l'emploi frontalier qui concerne 56 000 actifs (22 700 vers la R.F.A., 33 300 vers la Suisse).