Buste de Charlemagne.

740-830 : l'Alsace Carolingienne.

La nouvelle dynastie carolingienne, sous l'impulsion de son illustre empereur Charlemagne (771-814) inaugure une ère de paix et de prospérité dont profite l'Alsace, partagée en deux "Pagi", le Nordgau et le Sundgau, le Landgraben («Fossé du pays») faisant frontière. Il y a deux évêchés : celui de Bâle qui dépend de l’archevêché de Besançon, et celui de Strasbourg qui comprend une partie de la rive droite du Rhin et dépend de l’archevêché de Mayence.

Charlemagne ordonne de constituer des écoles et des centres d'études dans les monastères. Des bibliothèques se constituent par copiage. L’abbaye de Murbach est au coeur de cette renaissance. Le monastère possède une Bible et plus de 300 manuscrits comprenant des oeuvres des pères de l'Eglise et des écrivains romains. C'est énorme pour l'époque.

L'Alsace est une terre prospère: l'agriculture s'y développe: le vin de Sigolsheim est réputé dans tout l'empire et le commerce est important (blé, vin). Strasbourg possède un port et un atelier de monnaie. La ville compte 3 000 âmes et est placée sous l'autorité de l'évêque qui se charge aussi de l'activité économique. Charlemagne vient à Brumath en 772 et à Sélestat en 775.

Certains Alsaciens jouissent de la confiance de l'Empereur: Eric de Strasbourg est comte de Frioul; Hugues, comte de Tours est ambassadeur de Byzance en 811, chef d'expédition contre les Bretons et les Sarrasins. Il épouse Irmengarde, fille de Lothaire I. Le fils de Hugues, Liutfried, est légat auprès du pape; un autre de ses fils est comte de Paris et de Vienne. Il est probable qu'il y eut des liens entre la descendance d'Adalric et les grandes familles d'Europe, Capétiens, Saxons, Hohenstaufen, Habsbourg…