Otton I le Grand.

936-1049 : la Renaissance ottonienne.

Avec Otton le Grand (932-973), la situation change. Il contrecarre les visées du roi de France puis vainc une coalition de princes alsaciens menée par évêque de Strasbourg... Il s'agit pour Otton de consolider et de jalonner les routes des cols (Grisons, Grand St Bernard...) de points d'appui sûrs. Cette politique est incompatible avec l'indépendance des comtes d'Alsace. Aussi en 952 le comte Gontran est accusé de haute trahison et ses biens confisqués. En 960 l'abbaye de Payerne, fondée par Adélaïde, la femme d'Otton, est dotée en Alsace.

Pour consolider leur puissance, les Otton s'appuient sur l'Eglise en faisant des évêques de vrais fonctionnaires d'Empire. Otton II accorde en 982 à l'évêque Erchambaud (965-991) le titre de Burgrave (comte) et la possession de l'atelier monétaire royal de Strasbourg et d'autres droits qui font de l'évêque le prince temporel le plus puissant du pays, et un inconditionnel de la cause ottonienne. L'évêque Uton III assiste au couronnement d'Otton I (950-965) en 962; Erchambaud guerroie avec Otton II en Italie contre les Arabes et les Byzantins...

Grâce au retour de l'ordre se fait un timide renouveau intellectuel: après Payerne, Adélaïde fonde un prieuré qui sera à l'origine de la ville de Colmar puis l'abbaye d'Altorf qui s'attaque au défrichement de la vallée de la Bruche, et surtout l'abbaye de Seltz en 911 où elle est inhumée. De cette époque date la rédaction de la vie de saints: Odile, Amand, Arbogast... Erchambaud enrichit la bibliothèque épiscopale, commande à Gérald, un de ses clercs, de composer des épopées germaniques (Le Waltharius) et fait réaliser un Evangéliaire de 148 feuillets.