Frédérique Barberousse Hohenstaufen, le mythique empereur.

1152 : Frédéric Barberousse, empereur.

En 1152 accède au trône impérial Frédéric I Hohenstaufen, dit "Barberousse", neveu de Conrad et fils de Frédéric le Borgne: son règne marque profondément la région.

Le Hohenstaufen possède en Alsace des biens personnels étendus: la forêt de Haguenau, la région de Sélestat entre le Haut Koenigsbourg et le Mont Saint Odile (25 villages); des droits d'avoué sur les abbayes de Walbourg, Neubourg, Andlau, St Thomas de Strasbourg; des domaines à Mulhouse et dans les vallées de Munster et Kaysersberg. A quoi s'ajoutent les domaines royaux du Kochersberg et de Marlenheim et les abbayes royales de Murbach, Munster, Erstein, Seltz et Wissembourg. Enfin il a l'appui des évêques que, malgré le Concordat de Worms, il sait habilement faire élire. Le plus soumis sera Rodolphe (1163-1179) qui reconnaît 3 antipapes avant d'être déposé par Alexandre III, puis réconcilié.

Aucun grand événement politique ne marque en Alsace le règne de Frédéric, si ce n'est la croisade organisée suite à la reprise de Jérusalem par Salah Addin en 1187, et lors de laquelle l'Empereur trouvera la mort par noyade en 1190. A cette croisade participe l'évêque de Strasbourg Henri de Hasenbourg (1180-1190) avec 500 de ses chevaliers.

L'Empereur séjourne 7 fois en Alsace et plus particulièrement à Haguenau, sa résidence préférée. Haguenau est la seule ville alsacienne de l'époque à bénéficier d'une charte urbaine et dépasse Strasbourg en importance. Frédéric décide d'agrandir le château érigé par son père. Le nouveau bâtiment s'étend le long de la Moder derrière une enceinte. Il est édifié entre 1172 et 1180. La chapelle palatine compte trois étages en grès rose. Dans la chapelle supérieure sont déposés le trésor royal et les insignes royaux, ainsi que la sainte lance, un morceau et un clou de la vraie croix et la couronne d'Otton le Grand (Musée de Vienne). Dans la cour se succèdent les logis des ministériaux et des officiers, ainsi que le palais impérial attenant à la chapelle. De tout cela, il ne reste rien aujourd'hui.