Mulhouse vers 1630. Extrait de l'ouvrage de Mérian.

1307-1350 : les bourgeois au pouvoir.

Grâce aux groupements artisanaux, l'esprit démocratique souffle sur les villes d'Alsace à la fin du Moyen Age. Nobles et familles patriciennes ont encore le pouvoir au début du XIVè. Mais leurs luttes intestines les affaiblissent. En revanche les artisans, soumis aux impôts, constituent le gros des forces armées et deviennent conscients de leur pouvoir. A Strasbourg, le premier soulèvement à lieu en 1308. Les nobles triomphent, mais continuent à se montrer incapables de gouverner la cité. Le 20 mai 1332 éclate le "Geschölle", rixe entre les nobles Zorn et Müllenheim. Les corporations interviennent et imposent un nouveau conseil dans lequel chaque corporation est représentée. C'est l'heure de bourgeois.

A Haguenau l'empereur Louis de Bavière (1328-1346) accorde en 1332 la majorité du conseil aux corporations, évitant ainsi de sanglants affrontements. A Mulhouse, trois soulèvements (1340, 1350, 1354) échouent, mais aboutiront beaucoup plus tard. A Colmar, les luttes entre Rouges (partisans des Habsbourg) et Noirs (Partisans des Bavière) mettent le désordre à son comble en 1331. En 1360 un conseil de bourgeois est instauré.

Peu à peu, le mouvement corporatif gagne toutes les cités d'Alsace. Mi XIVè débute l’âge d'or des villes, les structures politiques se stabilisant rapidement. A partir de 1350 les villes perfectionnent leurs institutions. La population augmente considérablement au XIIIè puis sa croissance ralentit, car l'accès à la bourgeoisie est rendu plus difficile par les Magistrats des cités. Strasbourg a entre 16 et 18 000 âmes, Colmar 7 à 8 000, Haguenau et Sélestat 5 à 6 000, les autres cités étant bien plus petites.