Jacques Sturm de Sturmeck, le "Périclès" du XVIè siècle à Strasbourg. Portrait anonyme de 1553.

1450-1553 : l'âge d'or.

Le milieu du XVè siècle ouvre pour l'Alsace une période brillante, sans conteste la plus brillante de son histoire. Malgré quelques épisodes dramatiques comme la tragédie de 1525, l'Alsace participe totalement au grand mouvement de remise en cause et de progrès que symbolisent la Renaissance et l'Humanisme.

Période brillante: commerce et agriculture se portent bien. Le vin d'Alsace se taille une réputation occidentale; draps, étoffes, aliments, métaux circulent; la bourgeoisie des villes se porte plus que bien; la vie culturelle est des plus fécondes: c'est Mentelin et Gutenberg, pionniers de l'imprimerie à Strasbourg, ce sont les artistes connus et reconnus partout: Hans Baldung Grien, Martin Schongauer, Hans Bongard, Pierre Hemmel d'Andlau et l'immense Mathis Nithard Grünewald...

Ce sont les intellectuels, penseurs et pédagogues dont le grand Erasme fera l'hommage: l'école de Sélestat et ses humanistes, Jérôme Guebwiller, Jacques Wimpfeling, Martin Bucer, Beatus Rhenanus... C'est la « Nef des Fous » de Sébastien Brandt, symbole de la fécondité de l'époque; c'est Jean Geiler, le grand imprécateur; c'est la contestation de l'ordre ecclésial qui, à la suite de Luther transforme profondément le paysage religieux alsacien avec les Zell, Capito, Bucer... Ce sont hôtels de ville, palais, douanes, hôtels particuliers qui parsèment le pays...

C'est aussi, hélas, dans cette véritable révolution culturelle et cette remise en question, la sombre inquiétude des lendemains que trahit cette oeuvre médiévale majeure, le retable d'Issenheim.