Johann Geiler de Kaysersberg.

1478-1510 : Geiler, la voix dans le désert.

Né à Schaffhouse Geiler est recueilli en 1148 par son grand père de Kaysersberg après que son père, notaire impérial à Ammerschwihr, eut été tué dans les vignes par un ours. Il fait ses études à Fribourg en Brisgau et à Bâle. Humaniste, il devient prédicateur en 1478 à la cathédrale de Strasbourg.

Rapidement ses talents d'orateur attirent les foules; utilisant un style imagé et savoureux, agrémenté d'exemples des plus concrets, il lutte contre les abus de l'église, l'indignité des évêque et autres dignitaires ecclésiastiques, la violence de l'époque... "C'est mon rôle de crier au feu, et je crie puisque je vois l'incendie" (De arbore humana, 1521). Il préconise le retour à une Eglise humble et servante des pauvres. Il ne se fit pas que des amis, mais son immense popularité lui permit de se faire entendre jusqu'au bout. Il possède une telle autorité que pour lui est sculptée la célèbre chaire de la cathédrale.

Il meurt en 1510, pessimiste et déçu de l'immobilisme ecclésiastique. Ses sermons seront publiés après sa mort et exerceront une influence non négligeable sur la Réforme. Sa dénonciation des turpitudes des clercs et des moines, des curés avares et des nonnes libidineuses fera même inscrire ses oeuvres à l'index...