Jacques Sturm de Sturmeck, le "Périclès" du XVIè siècle à Strasbourg. Portrait anonyme de 1553.

1526 : Jacques Sturm de Sturmeck.

Elève du grand humaniste Wimpfeling, disciple de Geiler et de Brant, Sturm est Stettmeistre (maire) de Strasbourg de 1524 à 1548. En 1529 il passe à la Réforme et entraîne la ville à sa suite. Il va pendant plus de 20 ans présider le destin de la ville, au moment où s'affrontent factions et ligues, ensanglantant toute l'Allemagne. Il saura naviguer avec maestria entre les divers écueils, particulièrement lorsque la ville, imprudemment aventurée dans la ligue protestante de Smalkade, essuie les foudres de Charles Quint qui veut durement punir la cité après avoir vaincu les Princes. Jacques Sturm apaise l'ire impériale et évite à la ville de sanglantes représailles.

En 1537 il appelle le pédagogue Jean Sturm, originaire de Scheiden dans l'Eifel et le fait introniser recteur du gymnase protestant de Strasbourg, donnant à la ville un rayonnement intellectuel et religieux peu égalé à l'époque, d'autant plus que le Stettmeistre n'a de cesse que de défendre la modération et la tolérance religieuse. Ce qui le perd, car bientôt, face à lui et à son ami Bucer se dresse l'orthodoxie luthérienne pure et dure et l'intolérance de Jean Marbach.

Victime d'un sombre complot, Jacques Sturm se retire en semi exil en son manoir de Breuschwickersheim, alors que Bucer puis Jean Sturm sont éloignés et que Calvinistes, Anabaptistes et autres Réformés non luthériens quittent la ville.