1525 : un vent de liberté... Paysan portant le drapeau sur lequel est inscrit le mot " Fryheit ", liberté. Extrait du pamphlet de Murner „Von dem grossen Lutherischen Narren" 1522.

1525 : "le printemps des rustauds".

Dans le monde paysan, Le mécontentement persiste et en 1517, les régions des deux côtés du Rhin se soulèvent avec à leur tête Jorg Fritz. Le mouvement, virulent en Allemagne du Sud, est rapidement réprimé. Il n'en devient que plus révolutionnaire. D'autant plus qu'il est au départ soutenu par tout le mouvement de la Réforme, Luther en tête.

Dès 1524, des soulèvements éclatent à Nuremberg, en Suisse et en Forêt Noire, soutenus par les prédicateurs luthériens. Aussi début avril 1525 de sévères mesures sont prises contre ces derniers. Soudain, la révolte éclate et s'étend comme traînée de poudre, laissant les autorités totalement paralysées. Du Sundgau à Sarreguemines les paysans se dressent contre les seigneurs; leur fureur se déchaîne contre couvents et abbayes, bourgs et petites villes, châteaux et demeures seigneuriales: Altorf, Truttenhausen, Hohenbourg (17 avril), Schoensteinbach, Ottmarsheim, Oelenberg, Lucelle, Saint Morand d’Altkirch, Haslach (18-23 avril), Ebersmünster, Pairis (25-26 avril), Wissembourg, Ribeauvillé, Bergheim, Guebwiller, Murbach (7 mai), Kaysersberg sont mis à sac... Seules les villes bien armées et les châteaux résistent.

Très vite, les paysans s'organisent en bandes ayant à leur tête un chef et un comité: Jörg Ittel, ex Stettmeister de Rosheim et ses lieutenants Erasme Gerber et Peter de Molsheim commandent la bande la plus importante autour de Molsheim; Mathieu Nithard d'Eschentzwiller et Jean Pflüm de Landser celle du Sundgau; Wolf Wagner de Rhinau celle du Ried; Fischbach de Wissembourg celle d'Outre Forêt... Ils revendiquent l'abolition du servage, la liberté de chasse et de pêche, la libre jouissance des communaux et forêts, la suppression des impôts injustes, la limitation des corvées, la répression contre les juifs usuriers... Les autorités ne bougent pas.

Mais les paysans sont de plus en plus isolés. Qui plus est, ils perdent le soutien de Luther et des chefs de la Réforme qui se rangent du côté des princes et des nobles.