Le siège de Benfeld par les Suédois en 1632, d'après une gravure fantaisiste du "Hinkende Bot" du XIXè.

1631 : Gustave Horn, le Suédois.

En septembre 1630, Gustave Adolphe, roi de Suède, soutenu par la France, vole au secours de l'Union évangélique défaite par l'empereur, et écrase à Breitenfeld l'armée de la Sainte Ligue aux ordres de Tilly.

Pour les Protestants, l'heure de la revanche semble avoir sonné. En décembre, L'armée de Gustave Adolphe remonte le Rhin et son lieutenant, Gustave Horn établit son camp entre Niederroedern et Krautwiller. Il engage des pourparlers avec Strasbourg.

Le Magistrat rompt sa neutralité et se prononce pour l'Union évangélique contre l'empereur, le 5 juin 1632. La ville ouvre son pont au Suédois, lui prête son artillerie, lui envoie des mercenaires et lui avance un fonds de 50 000 florins. Le chancelier suédois Axel Oxenstiern fait don à la Ville des bailliages épiscopaux du Kochersberg et de la Wantzenau. Le 5 août, Les troupes de Horn et celles du Rhingrave Othon-Louis entrent et paradent à Strasbourg. Il leur reste à conquérir les possessions catholiques d'Alsace désorganisées par la mort de l'Archiduc Léopold.

Assiégée depuis le 17 septembre par les troupes de Horn, la ville de Benfeld, forteresse épiscopale défendue par Jean Louis Zorn de Bulach, se rend aux Suédois le 30 octobre. Horn établit son quartier général dans la ville qui restera suédoise pendant près de trente ans. De là, il conquiert tout le vignoble entre Obernai et Colmar qui lui ouvre les portes le 21 décembre. Puis les Suédois passent dans le Sundgau catholique, pillant, torturant et tuant. En février 1633, Les paysans du Sundgau se révoltent, massacrent plusieurs garnisons suédoises et tuent à Ferrette le gouverneur Hartmann d'Erlach, un mercenaire Suisse au service des Suédois et son neveu Burckard.

Une terrible répression s'abat sur eux, faisant des milliers de victimes ("Kuttelloch" de Landser, Hésingue, Leymen, pendaisons de Blotzheim...): des villages entiers sont systématiquement rayés de la carte. Le Sundgau gardera un souvenir indélébile de cet épisode.