La bataille d'Entzheim.

1674 : les atermoiements de la République de Strasbourg.

En avril 1674, Turenne occupe Saverne. Il prépare sa campagne en faisant une reconnaissance en Haute Alsace, vivant sur l'habitant. Le maréchal de Vaubrun répare les murs démantelés de Haguenau. Les Impériaux veulent réagir, mais Strasbourg refuse de leur ouvrir ses portes. Les deux armées remontent le Rhin vers le nord de chaque côté du fleuve. Le 7 juin, elles se rencontrent à Seinsheim, dans le Palatinat. Aucune n'a l'avantage. Turenne ravage le Palatinat et revient en Alsace, suivi de l'autre coté par les Impériaux.

Pour éviter que l'ennemi ne franchisse le pont du Rhin à Strasbourg, Turenne occupe le terrain entre la ville et le Rhin. Mais Strasbourg refuse de lui livrer son pont. Le 25 septembre, Turenne ordonne d'investir la redoute de la Robertsau. La ville mobilise. Les Impériaux prennent le pont par surprise en envoient 500 hommes renforcer la garnison de Strasbourg qui use de son artillerie, obligeant Turenne à se replier sur la Wantzenau.

Le 28, Les troupes Impériales, plus de 35 000 hommes, pénètrent en Alsace par le pont de Strasbourg. Par Illkirch elles marchent vers Geispolsheim pour y établir leur campement en attendant les renforts de l'Electeur de Brandebourg. Turenne manoeuvre pour leur livrer bataille avant la jonction.

Le 4 octobre, Français et Impériaux se livrent bataille à Entzheim. Le sanglant combat reste indécis, mais Turenne se retire en Lorraine par le Kochersberg et le col de Saverne.

Le 14 octobre l'armée Brandebourgeoise, forte de 22 000 hommes, rejoint l'armée Impériale repliée sous les murs de Strasbourg. Mais de graves divergences apparaissent entre le Prince électeur de Brandebourg qui veut poursuivre Turenne dans sa retraite et le chef des Impériaux, Bournonville qui veut consolider ses conquêtes: toute l'Alsace est donc occupée et Breisach assiégée fin octobre. Pour bien faire, conjuguée avec la famine, une terrible épidémie de peste ravage le pays en décembre.