Les misères de la guerre, par Jacques Callot.

1675 : automne : la République s'allie aux Impériaux.

Le 14 août, Strasbourg rompt sa neutralité et permet aux Impériaux de passer en Alsace par son pont. Les Français tiennent la Haute Alsace alors que les Impériaux tentent de prendre le col de Saverne. L'Alsace connaît un terrible hiver. Jusqu'au printemps 1676 les armées se contentent d'escarmouches, évitant le choc frontal et vivant sur le terrain.

En juin 1676, le Duc de Lorraine qui a remplacé Montecucculi échoue à nouveau au col de Saverne. Il se replie sur Strasbourg pour tenir le passage du Rhin avec ses alliés Brandebourgeois. De son côté le Maréchal de Luxembourg, généralissime français, se replie à Breisach. La campagne militaire pourrit, mais dévaste le pays. A nouveau, un terrible hiver sème son cortège de victimes dans tout le pays.

En 1677, instruction de Louvois au général Montclar: renforcer les principales villes - forteresses (Breisach, Belfort, Sélestat, Deux Ponts) et démanteler les autres villes fortes, ainsi que les châteaux forts sur le territoire alsacien. Haguenau est réduite au rang d'un bourg, ainsi que Wissembourg, Saverne, Bouxwiller et les châteaux des pitons vosgiens.

De mi septembre à mi novembre 1677, toute l’Alsace est embrasée par la guerre sans qu’aucun belligérant ne l’emporte. Le pays est plus désolé qu’aux heures les plus sombres de la guerre de Trente ans. Strasbourg, à l’abri de ses remparts, entretient des relations de plus en plus tendues avec le Roi – Soleil et le 11 août 1678 proclame officiellement son alliance avec l’Empereur après que le maréchal de Créqui eût incendié Kehl et pris le pont de la ville pour franchir le Rhin. Le 5 février 1679, la paix de Nimègue met fin aux hostilités.