Emile Kuss, maire de Strasbourg, sur les ruines de Strasbourg bombardée. Toile de T.Schurer. Kuss mourra, terrassé par le chagrin au moment de l'annexion de 1870. L'Alsace lui fera de grandioses funérailles.

1871 : 17 février : protestation à Bordeaux.

Les Alsaciens déjà occupés sont autorisés, car encore Français, à élire la nouvelle assemblée nationale française siégeant à Bordeaux. Ils élisent en masse des "Gambettistes", favorables à la continuation de la lutte et au maintien de l'Alsace dans le giron français, au delà des clivages politiques qui séparent ces hommes: le clérical Keller, le démocrate Kuss, Gambetta, Jules Favre, Denfert, le préfet Grosjean...

En pleine négociation de paix, Keller proteste contre la volonté du gouvernement français de "Lâcher" l'Alsace-Lorraine, "comme Alsacien et comme Français, contre un traité qui est... une injustice, un mensonge et un déshonneur". Il réitère sa protestation le 1 mars.

Mais Thiers est intraitable. Même la mort subite de Kuss, terrassé par une crise cardiaque ainsi que les grandioses funérailles que lui font les Strasbourgeois n'y changent rien.