Elle attend" : cette toile de Jean Jacques Henner de 1871 symbolise l'Alsace aux mains de l'envahisseur allemand. Elle rencontre en France un immense succès. Paris dédia à son auteur un musée.
DHALARTS0015;FR;L'échelle céleste. Hortus Deliciarum, après 1

1871 : „Reichsland Elsass-Lothringen" et protestation.

Le traité de Francfort du 10 mai 1871 cède aux vainqueurs la totalité de l'Alsace (Hors Belfort) et un fragment de la Lorraine... "La France renonce en faveur de l'Empire allemand à tous ses droits et titres sur les territoires situés à l'est de la frontière ci-après désignée... et marquée en vert sur deux exemplaires conformes à la carte du territoire formé par le gouvernement général d'Alsace, et publiée à Berlin en septembre 1870 par la division géopolitique et statistique de l'Etat-major allemand...".

Thiers a lâché les Alsaciens. Le seul député qui siège à l'Assemblées reste Keller, élu de Belfort... Le 9 juin 1871, Bismarck fait voter une loi déterminant le statut de l'Alsace au sein de l'Empire: juridiquement l'Alsace est un "Reichsland", une terre d'empire et non un membre à part entière de la fédération qui vient de naître en Allemagne. Elle n'aura de représentation ni au Reichstag ni au Bundesrat. Elle aura un président supérieur, Von Moeller qui avait réussi l'assimilation de la Hesse, et des "Kreisdirektöre", équivalents des sous-préfets, tous allemands. Les professeurs de l'enseignement secondaire seront tous allemands, chargés de germaniser à tour de bras, comme devra le faire l'université "impériale" établie en 1872. La "clause de la dictature" permet de prendre toute mesure d'exception "en cas de danger pour la sécurité publique". Enfin, tout fonctionnaire aura l'obligation de prêter serment au Reich.

En juillet, Les élections municipales portent à la tête de la mairie de Strasbourg Lauth et à celle de Colmar Peyrimhoff, candidats de la "Ligue d'Alsace" fondée par Lalance et Haeffely refusant l'annexion: Lauth est démis de ses fonctions et de son mandat de conseiller général début 1873, car il refuse de prêter serment au Reich. En même temps, naît le "Parti alsacien", issu de la "Ligue d'Alsace". C'est le parti de la "Protestation" qui va s'appuyer sur la bourgeoisie, surtout dans le Haut Rhin, très lié à la République française. En face, naît un parti (ou mouvement, état d'esprit) du "Sauvetage" qui tente de maintenir, dans le cadre de l'annexion, l'esprit français. Entre ces deux termes, la vie publique et politique va s'animer pendant toute la durée de la domination allemande. Jusqu'en 1887, le débat, une des plus intéressant de la vie politique alsacienne va se situer entre "Protestation" et "Acceptation", avant que ne faiblisse le mouvement protestataire devant les raidissements de la politique prussienne.