Eugène Ricklin.

1911 : le " Parlement d'Alsace-Lorraine ".

Après avoir abrogé en 1902 l'article de l'état de siège permanent concernant la dictature en Alsace Lorraine (le Statthalter se voit retirer ses pouvoirs illimités), La Diète fédérale et le Parlement de Berlin votent le 31 mai une nouvelle constitution pour l'Alsace Lorraine qui se traduit par un régime de "liberté surveillée": un Landtag remplace la "Délégation d'Alsace-Lorraine": l'Alsace reste "Terre d'Empire" sur laquelle l'Empereur exerce l'autorité suprême au nom du Reich.

Mais les deux assemblées de Berlin perdent leur tutelle et le pouvoir législatif est transféré à un Landtag formé de deux chambres. La première comporte 42 membres: 18 nommés par l'Empereur, 18 nommés par les corps constitués professionnels et 6 élus. La seconde comporte 60 membres élus au suffrage universel.

Les deux Chambres peuvent légiférer, mais les décisions doivent être prises à l'unanimité et obtenir l'aval de l'Empereur. L'Alsace Lorraine sera représentée à la Diète de Berlin par trois délégués désignés par le Statthalter. Pour Wetterlé et son mouvement, "Nous sommes roulés...". Pour les autonomistes centristes de l'abbé Haegy, c'est une semi-liberté perfectible. Pour les Allemands, c'est un cadeau princier...

Aux élections d'octobre de cette diète, Il y a 184 candidats pour 60 sièges: La participation est de plus de 80%. L'Alsace désigne 40 délégués: C'est une victoire pour les centristes de Haegy avec 19 élus; les sociaux démocrates ont 11 élus, les libéraux 9. L'Union Nationale des Alsaciens-lorrains, mouvement protestataire créé par Wetterlé le 29 juin, subit un cuisant échec avec un seul élu de justesse au second tour, l'abbé Wetterlé. Le docteur Ricklin est élu président de la chambre.