1919-1923 : le malaise.

Après la libération, la scène politique alsacienne est partagée entre trois formations politiques: l'UPR (Union Populaire Républicaine), résurgence de l'ancien Zentrum catholique veut défendre les intérêts régionaux alsaciens (Election d'une assemblée régionale, décentralisation, bilinguisme, écoles confessionnelles, maintien du droit local); les leaders en sont le Comte de Leusse, l'abbé Eugène Muller, Thomas Seltz, Camille Bilger, Joseph Pfleger.

Le PRD (Parti Républicain Démocratique) est une émanation des démocrates libéraux protestants (décentralisation administrative, bilinguisme, enseignement interconfessionnel, maintien du statut concordataire; les leaders en sont Charles Altorffer, Charles Frey, René Baradé.

La SFIO, socialiste, est affiliée à la SFIO nationale (Assimilation rapide et totale, introduction intégrale de la législation française, séparation de l'Eglise et de l'Etat, laïcisation de l'enseignement, pas de bilinguisme scolaire).

Fédéralistes et Autonomistes restent des mouvements très minoritaires.

Ce clivage politique reflète le "Malaise" alsacien: française de coeur, la région tient fermement à ses acquis et privilèges, d'autant plus qu'une politique maladroite de l'administration "parisienne" accumule erreurs et vexations à l'endroit des Alsaciens, imposant souvent à la hussarde un retour forcené à la "culture" française...