On débaptise à tour de bras... le nouveau nom de la Place Broglie à Strasbourg... ce même nom sera attribué à Mulhouse à la rue du... Sauvage !

1940 : juin: "Reichsgau Oberrhein..."

15 juin 1940: opération "Kleinbär" ou Petit Ours: des détachements de la VIIè armée Allemande franchissent le Rhin en quatre endroits: Schönau, Marckolsheim, Neuf Brisach et Geiswasser. Le 16, les 15 000 défenseurs français ont ordre de décrocher, laissant l'Alsace sans défense. Seuls résistent avec succès les ouvrages de la ligne Maginot du côté de Wissembourg.

Le 4 juillet, L'ancienne frontière de 1871 est rétablie. Robert Wagner, un compagnon d'armes de première heure de Hitler, est nommé Gauleiter de Bade-Alsace. Robert Ernst, l'ancien autonomiste est l'adjoint de Wagner et devient maire de Strasbourg. Le concordat est aboli, la cathédrale n'est plus affectée au culte catholique (ni protestant), l'allemand est seule langue autorisée en public et privé. La presse est mise au pas, l’abonnement à un journal national - socialiste est obligatoire.

Bon nombre d'Alsaciens "Indésirables" sont expulsés sans ménagement en France. Parmi eux: 22 000 juifs alsaciens (Les 16 000 juifs évacués en septembre 1939 n'ont plus le droit de revenir), les Français immigrés d'autres départements depuis 1918, les Alsaciens francophiles militants de mouvements patriotiques, les anciens des Brigades Rouges, les Alsaciens ayant combattu par presse et radio les nazis et les autonomistes, les déserteurs de l'armée allemande de 14-18, les personnes de race étrangère, les droit communs, les gitans et romanichels...

Le 5 septembre 1940, les nazis ouvrent à Schirmeck-Vorbrück un camp d'internement et de rééducation politique pour les Alsaciens récalcitrants et peu sûrs. Le camp est tenu non par la SS, mais par la police politique. En septembre 1942, il y aura 1400 détenus dans le camp.