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Le dialecte

Le dialecte est le signe le plus apparent et le plus audible de l'identité culturelle. Encore qu'il faille se méfier des généralisations. Son l'origine monte au Vè siècle, mais il ne fut jamais fixée dans un code de règles précises. Il tient du francique oriental, de l'alémanique et du domaine dialectal du haut allemand. Il est à ce titre très proche du patois parlé dans le Palatinat, en pays de Bade ou en Suisse alémanique du nord-ouest.

En fait, il est plus juste de parler de dialectes au pluriel, car les différences sont assez sensibles d'une région à l'autre, et souvent d'un village l'autre. Un Wissembourgeois et un Sundgauvien ont assez de mal à se comprendre, l'un plus proche du parler palatinois, l'autre du suisse alémanique. Enfin certaines régions utilisent un patois roman d’origine française: au fond de la vallée de la Bruche (A partir de Lutzelbourg et Urmatt), dans certains secteurs limitrophes de la Lorraine ou dans quelques villages sundgauviens proches de l'Ajoie (Courtavon, Levoncourt...) et de Franche Comté. Dans le val d'Orbey, on parle le Welsche, parler d'origine française dont la pérennité est assurée par l'académie patoise de Labaroche et la Société d'Histoire locale.

Le dialecte est surtout parlé en famille ou autour d'un verre au Stammtisch, plus en campagne qu'en ville, plus par les anciens que par les jeunes, plus dans le Bas Rhin rural que dans le Haut-Rhin industrialisé. Le français domine dans la vie publique et professionnelle. L'allemand dominait encore jusqu'à la Révolution qui imposera le principe "Une nation, une langue", mais trouvera des réticences en Alsace. Si entre 1800 et 1870 le dialecte semble en perte de vitesse, en proie aux reproches des intellectuels le classant comme langue triviale et signe pour qui la parle de manque d'instruction, il retrouve une véritable nouvelle jeunesse après l'annexion de 1870: pour raison de refus politique de la domination prussienne, de nombreux intellectuels alsaciens se réfugient littéralement dans le dialecte, le transforment en langue écrite qui va trouver une expression inégalée dans la poésie avec notamment les frères Mathis et le théâtre avec Stoskopf.

En 1918 l'allemand se trouve suspecté par une administration française souvent maladroite; en 1940 tout ce qui est français est implacablement combattu. L'Alsacien se réfugie dans le dialecte. Après la seconde guerre mondiale, la francisation devient inéluctable et le dialecte régresse, spécialement dans les années 1960-1970, l'allemand devenant seconde langue vivante... Ce fait est dû plus au modernisme qu'à des causes politiques. Aujourd'hui, moins d'un tiers de jeunes de moins de 25 ans parle encore le dialecte, et plus dans le Bas-Rhin où les arrondissements du Nord du département "font de la résistance" que dans le Haut-Rhin.

Depuis quelque 20 ans, avec les mouvements de la recherche d'identité culturelle, que ce soit en Alsace, en Bretagne ou en Corse, le dialecte tend à se refaire une santé, d'autant plus que l'Alsace s'est débarrassée des séquelles du nazisme qui l'a marqué bien plus que toute autre région française. La langue régionale reste un des gardiens de la personnalité d'une région, particulièrement en Alsace où elle a assimilé des mots venant de tous les horizons, où elle est en perpétuelle transformation, créant ses propres images... Riche d'une culture rhénane à laquelle elle a donné une empreinte française, sise au carrefour de l'Europe, l'Alsace ne peut que développer cette pluralité linguistique et culturelle.